Millerpertuis

Description :

Le millepertuis est une plante vivace qui croit dans les talus humides (où l’eau circule) et ensoleillés.
Il peut parfois pousser en masse, et sa densité de floraison est telle que, sur les grandes étendues où il règne, apparaissent d’immenses taches jaune d’or mêlées de roux : les fleurs écloses un jour sont fanées le lendemain et les pétales flétris deviennent couleurs de rouille.

Particularités botanique : des feuilles perforées

Cette plante présente une particularité intéressante d’où provient son nom : le parenchyme de ses feuilles est parsemé de petites glandes à essence, translucides, qui apparaissent en transparence comme mille petits trous, d’où le “mille-pertuis”.

Hypericul perforatum feuille

Usages traditionnels :

Le millepertuis perforé est utilisé en médecine depuis plus de 2400 ans, notamment sous la forme d’huile rouge contre les brûlures et les contusions.

C’est une des plantes magiques récoltée traditionnellement à la Saint-Jean (solstice d’été), principalement avec la Verveine officinale, l’Achillée millefeuille, l’Armoise, la Sauge, etc.

Il entre également dans la composition du Baume Tranquille (d’après le nom du cordonnier qui l’aurait inventé en 1680) contre les rhumatismes dans la pharmacopée traditionnelle. Il y est associé à plusieurs solanacées toxiques : la mandragore, la jusquiame noire, la belladone, la morelle et la stramoine.

Synonymes populaires : herbe aux mille trous, herbe percée, herbe aux piqures, chasse-diable, herbe à la faux (quand cette herbe se trouve dans les près, elle abime les faux des faucheurs).

Propriétés vulnéraires :

On attribue à la plante des propriétés émollientes et adoucissantes pour la peau (en usage externe et immédiat). La plante entière, les fleurs ou les feuilles sont utilisées en traitement cutané pour leurs vertus apaisantes, mais elles peuvent provoquer des réactions de photosensibilisation.

Les fleurs de millepertuis servent, par macération dans l’huile, à la préparation de l’huile de millepertuis, une huile rouge qui est renommée pour le traitement des brûlures, les contusions, les douleurs articulaires… Elle ne doit pas être employée pendant l’exposition solaire pour les raisons indiquées ci-dessus, mais comme après-soleil.

La préparation consiste en la macération des sommités florales cueillies au début de la floraison et séchées (les fleurs doivent contenir 60 à 70 % de capsules immatures) dans de l’huile d’olive.
Il suffit de laisser la bouteille au soleil durant 3 semaines le temps que l’huile se colore. Cette coloration est due à l’hypéricine, pigment rouge aux propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes et antalgiques. Ses vertus et sa grande efficacité sont reconnues. Son action photosensibilisante ne permet malheureusement pas son application avant une exposition de la partie traitée au soleil.

Propriétés anti-dépressives :

Le millepertuis est utilisés dans le traitement de dépressions légères à modérées et de troubles de l’humeur.
Bien connu des anciens, il fut surnommé le “chasse-démon”, aujourd’hui à l’origine de plusieurs anti-dépresseurs qui ont essayé de copier sa molécule active, il reste très efficace dans le traitement des stress intenses, des dépressions et de tous les dérèglements de l’humeur sous la forme d’extrait sec, de teinture où de poudre de plante.
L’huile de Millepertuis constitue un excellent support pour d’autres huiles essentielles dans ce genre de pathologies.

Précautions : risques de brûlure

Les fleurs contiennent deux pigments : un jaune et un rouge. Ce dernier est nommé hypericine, il est contenu dans de petits poils glanduleux qui parsèment sépales et pétales. Il possède des propriétés photosensibilisantes : il a le pouvoir de rendre l’épiderme celui qui le consomme excessivement sensible à la lumière solaire : les parties dépigmentés du corps deviennent, au soleil, le siège d’une démangeaison intense pouvant s’apparenter à une brûlure.

Il est conseillé d’éviter l’exposition au soleil direct pendant 24 heures après toute ingestion ou application de préparation à base de millepertuis.

En raison de ses interactions pharmacologiques (inducteur enzymatique), le millepertuis ne doit pas être utilisé lors d’un traitement contraceptif oral (baisse de l’efficacité) ni lors de la prise de certains traitements utilisés contre le VIH (inhibiteurs de protéase) ou avec certain médicaments anticancéreux.

Il existe plusieurs autre contre-indications, dont en particulier en cas de problèmes cardiaques : le millepertuis a la particularité de provoquer des arythmies et de la tachycardie chez certaines personnes.

Utilisations rituelles :

Pour faire parler les sorcières :

Le millepertuis est le prestigieux, le terrible Fuga daemoun du Moyen-Age : l’herbe qui mettait en fuite les légions de Satan et obligeait les sorcières à avouer leur pacte maudit. D’innombrables rituel de millepertuis sont décrits pour guérir les possédés, pour exorciser les maisons, les étables, les champs.

On mettait quelques feuilles de cette plante dans la bouche des sorcières soumises à La question : elles ne tardaient pas à cracher leurs turpitudes…

Les oracles :

La particularité du millepertuis à été exploitée par les oracles les plus reculés : ils lisaient dans les « perforations» si les récoltes allaient être bonnes ou mauvaises ; si une épidémie allait s’étendre ou régresser ; si les armées allaient connaître la victoire ou la défaite, etc. Les femmes consultaient les feuilles de millepertuis pour savoir si leur mari était fidèle ; les jeunes filles pour savoir quand elles se marieraient, qui serait leurs époux, combien elles auraient d’enfants…

Mythologie :

Chez les Vikings :

Balder habitait un palais magnifique, où, il était assailli de rêves terrible qui annocait sa mort. Frigg, sa mère, voulant conjurer le danger, fit prêter à tout les etres animés et non animés le sement de ne jamais nuire à Balder. Cependant elle oublia une plante: le millepertuis. Loki, le dieu du mal, va alors trouver Hoder, dieu aveugle de la guerre et de la destruction, et arme son bras d’un rameau de millepertuis. Balder, frappé par Hoder, tombe mort.

Dans les Cornouailles :

Une femme avaient pendant toute sa vie mis de l’eau dans le lait qu’elle vendait. Après sa mort, elle revint toute les nuits et on l’entendait tripoter dans la laiterie où elle essayait en vain de séparer l’eau du lait. Ses enfants, effrayés, allèrent consulter un sorcier qui leurs dit de traire les vaches avec du suc de millepertuis. Ce qui fut fait, et la morte ne revint plus.